mars 2018 : l’album de jeune fille de Léopoldine Hugo

  

Aujourd’hui oublié, l’album de jeune fille est une pratique courante à l’époque romantique. D’autres jeunes filles d’alors en eurent de plus beaux, de plus luxueux mais sous son cartonnage brun-violet, le contenu de l’album que Léopoldine tient de 1838 à 1843 n’a pas à rougir face à celui de Marie Nodier ou Delphine de Girardin. En effet,  des noms illustres  y ont dessiné et composé quelques vers ou des poèmes entiers.

Alphonse de Lamartine, Louis Boulanger, Célestin Nanteuil, le fidèle (et déjà amoureux) Auguste Vacquerie, Paul Meurice, Paul Foucher, ses frères Charles et François-Victor et d’autres encore apparaissent au fil des pages.

Le ton de cet album n’est pas sans rappeler l’amour courtois chanté par les troubadours et  l’adulation pour la fille du poète n’est d’abord que l’écho de celle de ses propres parents. Il s’agit d’un exercice aux règles bien connues de ceux qui s’y plient. Cependant, la fillette devient jeune fille et l’admiration des uns et des autres exprime progressivement des sentiments plus délicats et plus personnels.

À travers cet album, on devine l’héroïne de Pauca Meae comme la nostalgie de son père a voulu la faire revivre dans les vers universels des Contemplations.

février 2018 : le mobilier néo-gothique

L’objet du mois de janvier 2018 n’est pas un objet à proprement dire mais l’ensemble de mobilier de style troubadour ou néo-gothique exposé dans la salle 4 du musée.

Cet ensemble, constitué de plusieurs fauteuils et chaises, d’une méridienne, d’un confident ainsi que de deux tables, illustre parfaitement les goûts de Victor Hugo et d’Auguste Vacquerie en matière de décoration. En effet, si ce style connut son heure de gloire en France entre 1820 et 1830 et fut ensuite délaissé pour des pièces plus confortables et produites en série, il influence la conception des arts décoratifs de Victor Hugo durant toute sa vie. Hugo ne se lasse jamais des intérieurs chargés et donne libre cours à son imagination en la matière lorsqu’il conçoit la décoration de sa maison d’exil : Hauteville House.
Très loin du style bourgeois de l’époque Louis-Philippe ou du style Napoléon III inspiré des motifs du 18e siècle, le confort ne semble pas être la préoccupation première. Ce style, associé à la période romantique et à la redécouverte du Moyen Age, se caractérise par des pièces très ouvragées, souvent chargées et surchargées de motifs tels que des végétaux, des têtes de gargouille et autres créatures imaginaires. De nombreuses pièces exposées dans le musée datent de cette période (sièges, prie dieu, miroir, lit, pendules…).

(c) visuel : V. HENON – Département de la Seine-Maritime