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Les Travailleurs de la mer

Inv. 2020.2.2.4

Le combat de Gilliatt et la pieuvre
Augustin Mongin (1843 – 1911)
Vers 1885
Gravure
Éd. Hébert, 4e série
Inv. 2020.2.2.4

 

Gilliatt avait enfoncé son bras dans le trou ; la pieuvre l’avait happé. Elle le tenait. Il était la mouche de cette araignée. Gilliatt était dans l’eau jusqu’à la ceinture, les pieds crispés sur la rondeur des galets glissants, le bras droit étreint et assujetti par les enroulements plats des courroies de la pieuvre, et le torse disparaissant presque sous les replis et les croisements de ce bandage horrible. Des huit bras de la pieuvre, trois adhéraient à la roche, cinq adhéraient à Gilliatt. De cette façon, cramponnée d’un côté au granit, de l’autre à l’homme, elle enchaînait Gilliatt au rocher. Gilliatt avait sur lui deux cent cinquante suçoirs. Complication d’angoisse et de dégoût. Être serré dans un poing démesuré dont les doigts élastiques, longs de près d’un mètre, sont intérieurement pleins de pustules vivantes qui vous fouillent la chair. Nous l’avons dit, on ne s’arrache pas à la pieuvre. Si on l’essai, on est plus sûrement lié. Elle ne fait que se resserrer davantage. Son effort croît en raison du vôtre. Plus de secousse produit plus de constriction. Gilliatt n’avait qu’une ressource, son couteau.